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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 16:19

Mardi prochain 24 janvier 2017,  sur ARTE une soirée consacrée à la Shoah (Le combat des Klarsfeld -  documentaire "Sauvés par des Justes" - Documentaire inédit sur Auschwitz "Sauver Auschwitz ?").

Lire une présentation succincte par Akademscope, ici.

Présentation sur le site de la chaîne ARTE :

Premier document : 20 h 50 : Beate et Serge Klarsfeld, le combat d'une vie (All. 2016)

"Portrait du célèbre couple franco-allemand de "traqueurs de nazis", qui, après-guerre, s'est engagé pour la justice et contre l'impunité des crimes de l'Holocauste.

En 1968, la jeune Allemande Beate Klarsfeld gifle le chanceliert Kurt Georg Kiesinger, c'est le début d'un long combat comtre l'impunité des anciens nazis. Aux côtés de son mari Serge, dont le père a été exécuté à Auschwitz, elle milite pour la reconnaissance du génocide juif et pour la condamnation de ses responsables. Le couple franco-allemand s'insurge ainsi contre la paisible existence menée par d'anciens criminels de guerre en Allemagne et contribue à révéler l'implication des autorités de Vichy dans la déportation des juifs de France. Dans les années 1980, Beate et Serge Klarsfeld parviennent à retrouver et à faire juger l'ancien chef de la Gestapo Kurt Lischka et à imposer l'ouverture d'un procès à l'encontre du haut fonctionnaire Maurice Papon. Longtemps critiqué, le couple poursuit toujours son combat avec la même ténacité : il est désormais engagé dans la lutte contre l'antisémitisme en France, notamment pour la condamnation de propos injurieux à l'encontre des juifs. Un documentaire fouillé qui témoigne de l'engagement militant sans faille du couple de "traqueurs de nazis - aujourd'hui salué des deux côtés du Rhin - contre l'oubli."

Deuxième document : 21 h 45  "Sauvés par des Justes"  (Inédit, All. 2016)

"Les Justes sont plus de deux mille sept cents en France et vingt mille en Europe. Gros plan sur ces citoyens qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, "ont risqué leur vie pour sauver des Juifs en tout désintéressement", luttant face à la peur et contre le désespoir.

Après l'accession d'Hitler au pouvoir en janvier 1933, les juifs d'Allemagne sont rapidement mis à l'écart. Dès le mois d'avril, un boycott des magasins juifs est organisé, empêchant notamment les commerçants d'accéder à leur lieu de tyravail. En 1935, les lois de Nuremberg ancrent l'antisémitisme dans la législation du IIIe Reich. L'escalade se poursuit avec le pogrom de la Nuit de cristal, du 9 au 10 novembre 1938, qui contraint des milliers de juifs à l'exil. Beaucoup choisissent de se réfugier dans de la Révolution et des droits de l'Homme. Mais après l'occupation d'une partie de la France par les troupes alllemandes en 1940, la lutte pour la survie continue. Malgré l'implication des autorités françaises dans leur persécution, les trois quarts des juifs, français et réfugiés, échapperont à la déportation, notamment grâce à l'aide des Justes. Ces gestes de solidarité ou de sauvetage, dès les rafles de l'été 1942, de la part de citoyens de toutes conditions sociales, opinions ou religions, seront reconnus en 1953 par une loi israélienne qui crée pour eux le titre de "Juste", rendant ainsi hommage à "ceux qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs en tout désintéressement."

Troisième document : 22 h 40 "Sauver Auschwitz ?" - documentaire (Fr 2015)

"Comment préserver la mémoire d'Auschwitz de l'oubli ? Eclairage sur l'histoire tourmentée du plus grand complexe concentrationnaire du IIIe Reich, après la Seconde Guerre mondiale

Quel sens donner à Auschwitz ? Victime d'une guerre des mémoires, le camp suscite depuis soixante-dix ans d'intenses affrontements. Après sa libération en 1945 par l'armée soviétique, le site a tour à tour été pillé, aménagé et instrumentalisé par les autorités politiques et religieuses. Pendant la guerre froide, les faits eux-mêmes ont été détournés au profit des intérêts idéologiques de chacun, occultant souvent la singularité du génocide juif. Alors que les derniers survivants de l'Holocauste disparaissent, de nouveaux dangers surgissent. Visité  par deux millions de personnes en 2016, Auschwitz attire chaque année un tourisme de masse qui nuit à sa conservation, tout comme l'urbanisation croissante de la région. Depuis plusieurs années, une partie de la population et des élus aimerait oublier l'histoire du lieu et réduire cette tragédie à une simple parenthèses historique. La sauvegarde de ces installations est pourtant indispensable à l'éducation des générations futures. Quel sera le destin de ce lieu chargé d'histoire ?

Héritage menacé

Bien plus qu'un récit factuel, ce documentaire invite à revivre les questionnements et les affrontements surprenants qui se sont succédé autour du camp. Un lieu de massacre doit-il continuellement transmettre l'histoire dont il a été le témoin ? Comment et par quels moyens peut-il le faire ? A travers le témoignage de rescapés, d'historiens et d'habitants d'Auschwitz, le réalisateur Jonathan Hayoun s'intéresse aux enjeux mémoriels du "plus grand cimetière du monde."

Chronique d'un film inachevé : 23 h 40 "Images de la libération des camps" (R.U. 2014)

"Autour d'un documentaire sur les camps de concentration, tourné en 1944-1945 par les opérateurs des armées alliées puis enterré pour des raisons politiques, un inoubliable voyage dans le temps à la rencontre des vivants et des morts.

Au printemps 1945 à Londres, le producteur Sydney Bernstein découvre les premières images tournées à Bergen-Belsen par l'armée britannique lors de la libération du camp. Des informations ont déjà filtré sur la politique d'extermination nazie, mais cet immense charnier à ciel ouvert filmé par de jeunes opérateurs qui, soixante ans plus tard, pleurent encore à ce souvenir, en révèle aux Alliés l'insoutenable réalité. Bernstein propose à son gouvernement de réaliser un documentaire pour établir "à jamais" la vérité des faits, à partir des rushes que les troupes alliées transmettent au fil de leur avancée. Il réunit une équipe chevronnée de monteurs que son ami Alfred Hitchcock viendra superviser en juin et confie l'écriture du commentaire à un journaliste réputé.

"Plongée dans les ténèbres"

Intitulé "German concentration camps factual survey", ce film de portée universelle doit obliger les allemands à comprendre l'ampleur du crime perpétré en leur nom, mais il est destiné aussi à éduquer les générations futures, afin de préserver le monde d'une nouvelle "plongée dans les ténèbres". Les Soviétiques qui, les premiers, ont pénétré dans un camp de la mort - Majdanek, en juillet 1944 - parviennent à Auschwitz au coeur de l'hiver, le 27 janvier 1945, et les images qu'ils en transmettent, en dehors d'une saisissante séquence d'assaut camouflée de blanc, s'avéreront être des reconstitutions tournées avec certains des rescapés. Trois mois plus tard, quatre heures de négatif film parviennent aux monteurs à Londres, étiquetées d'un mot qu'ils ne comprennent pas, "Dachau", et qui les marquent à jamais.

Après la défaite du nazisme, le 8 mai 1945, le projet, pourtant presque achevé, va être abandonné : les Britanniques, qui cherchent à empêcher l'afflux de réfugiés juifs en Palestine, mais aussi au Royaume-Uni, craignent que l'opinion ne se mobilise en leur faveur ; et soucieux de se concilier la population allemande face à la menace soviétique, ils se refusent à la "culpabiliser" davantage.

Dignité

C'est en même temps cette oeuvre tombée dans l'oubli et l'histoire terrible qu'elle raconte qu'André Singer restitue au fil d'un récit plein d'émotion. Les images du film, inédites pour la plupart, sont commentées non seulement par les opérateurs qui les ont tournées, mais aussi par certains des rescapés qui y figurent. Plus de soixante-dix ans après, leur dignité offre un puissant antidote à l'horreur dont témoignent les images. Fidèle à l'humanisme qui inspirait Sidney Bernstein et son équipe, André Singer montre de front des plans extêmement durs sans flatter le voyeurisme du spectateur. Dans les dernières images, qui devaient aussi clore le film inachevé, les Britanniques font défiler une foule de civils allemands devant les cadavres gelés de déportés assassinés, alignés le long d'une petite route de campagne. Cette longue séquence produit l'effet inverse des images choc qui colportent la violence en quelques secondes sur Internet, comme si ce long cortège funèbre adressait à la fois aux morts et aux vivants un message de pitié et de paix".

 Et enfin  à 0 h 55  : Moshe, victime et meurtrier, de  Natalie Assouline Terebilo (Suisse 2015)

"Après la Seconde Guerre mondiale, Moshe Knebel a retrouvé et tué les nazis qui ont assassiné sa famille. En compagnie de ses enfants, il refait le voyage vers la Pologne, plus de soixante ans après, pour renouer avec sa douloureuse histoire. Un questionnement vertigineux sur le sens de la justice.

Si à première vue Mosche Knebel, 85 ans, a l’air d’un grand-père comme les autres, le vieil homme israélien d’origine polonaise cache un sombre secret. Ancien partisan, il a échappé à la déportation ; puis membre de la police secrète polonaise, il a mené à bien, après la Seconde Guerre mondiale et en secret, une terrible vengeance. Officiellement censé débusquer les ennemis du communisme, il s’est personnellement chargé d'exécuter les anciens nazis responsables de l’assassinat de ses parents et d’une bonne partie de sa famille, mais aussi les collaborateurs polonais qui ont dénoncé les siens. En compagnie de son fils David et de ses filles Hannah et Batya, Mosche refait le voyage vers la Pologne, plus de soixante ans après, pour renouer avec une histoire aussi douloureuse que romanesque. Un plongeon dans un passé dramatique, dont ses enfants n’avaient jamais entendu que des bribes… Comment accepter de voir son père non seulement comme un survivant de l'Holocauste, mais aussi comme un meurtrier ? Ce beau documentaire, ponctué de poignantes scènes animées en noir et blanc, offre un questionnement vertigineux sur le bien et le mal, le sens de la justice et l’histoire familiale."

 

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