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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 12:00

Au mois de juin dernier, nous avions ici-même fait état d'une conférence donnée fin mai à l'église Ste Madeleine de Nantes, par Jean-Marie Setbon, juif converti au catholicisme,en promotion de son livre : "DE LA KIPPA A LA CROIX"  (lire ici, ou sur le site du diocèse les commentaires et les réserves du Père Patrice Eon, accompagnateur du Service diocésain pour les relations avec le Judaïsme du diocèse de Nantes).

Nous vous proposons aujourd'hui une recension de cet "ouvrage" par Franklin Rausky, universitaire juif, co-directeur du département de recherche "Judaïsme et Christianisme" du Collège des Bernardins, directeur des études de l'Institut universitaire d'études juives Elie Wiesel.

Nous remercions le magazine "Actualité Juive" de nous avoir autorisés à reproduire cet article paru dans son numéro 1275 (jeudi 7 novembre 2013).

"De Jérusalem à Rome : un déroutant parcours, par Franklin Rausky

Élie Setbon est né à Paris, en 1964, d’un père juif originaire d’Afrique du Nord et d’une mère ashkénaze issue d’une famille roumaine. Sa vie de jeune juif, plus ou moins laïque, dans un foyer vaguement traditionaliste, ne comble pas ses aspirations. Il trouve dans le sionisme l’idéal de sa vie, part pour Israël et s’engage dans l’armée.

Mais très vite, il déchante et s’éloigne de la jeunesse israélienne moderniste. Il suit les cours d’une Yeshiva strictement orthodoxe, à Bné Brak, bastion de la prestigieuse élite rabbinique « lituanienne ».

Malheureux dans son séjour en Terre Sainte, il revient en France, adhère au courant hassidique de Loubavitch, plus chaleureux que le rigorisme des grandes académies talmudiques.

Mais il ne trouve pas, non plus, la paix de l’esprit dans cette mouvance. Finalement, en 2008, il abandonne la foi de ses ancêtres et accepte le baptême, sous le nom de Jean-Marie Élie Setbon, hommage au cardinal Jean-Marie Lustiger, né juif, converti au christianisme dans son adolescence et devenu, après un long cheminement intérieur, un éminent penseur du dialogue judéo-chrétien et d’une redécouverte féconde du judaïsme par les fidèles de l’Église. Pour expliquer son itinéraire spirituel, Setbon publie ses mémoires, « De la Kippa à la Croix : conversion d’un Juif au catholicisme » (éditions Salvator, Paris, 2013).

Des amis chrétiens, déconcertés par cet ouvrage, m’ont demandé de le commenter, avec un regard juif engagé. Ainsi, j’ai lu attentivement ce récit. Voici les réflexions qu’il m’inspire. Tout être humain a, incontestablement, le droit de chercher la vérité et de choisir sa voie spirituelle. Personne ne saurait être enfermé à vie dans une prison mentale close. Toute personne a le droit de suivre une religion, si elle est sa conviction ; de l’abandonner, si elle n’y trouve plus sa vraie voie ; d’adopter une autre religion ; de quitter toute religion, refusant de se conformer à des croyances qu’elle estime fausses. C’est une liberté fondamentale de l’homme, reconnue par l’État d’Israël depuis sa création et contestée par certains pays du Proche Orient. Le monde contemporain s’est réconcilié avec l’idée de la légitimité, pour chacun, de choisir sa voie, sans être accusé de trahison. Des croyants d’origine chrétienne, y compris d’éminents intellectuels, chercheurs, penseurs, écrivains, philosophes, après une mûre réflexion, ont décidé de quitter l’Église de leurs pères, de rejoindre le peuple d’Israël et d’accepter les commandements de la Loi de Moïse : ce sont les « guerei hatsedek », les prosélytes de justice. Ils l’ont fait avec sérénité, réserve, pudeur, sans polémiques ni dénonciations. Personne, parmi eux, n’a écrit des récits racoleurs, dans le style « De la Croix à la Kippa ». Je ne conteste pas le droit de Setbon de choisir sa famille spirituelle. Mais son discours, intellectuellement indigent, propose une vision péjorative du judaïsme, dans la ligne des anciens Conversos : Israël caricaturé comme un peuple de pharisiens hypocrites, à la nuque raide. Des clichés du livre y alimentent le soupçon à l’égard des Juifs, particulièrement des orthodoxes, stigmatisés comme des diffamateurs antichrétiens !

Bref : ce livre est un très mauvais service à la compréhension entre judaïsme et christianisme. Dommage..."   Franklin Rausky

Source : Actualité juive, n° 1275, jeudi 7 novembre 2013

Vous trouverez également cet article sur le site de l'Amitié Judéo-chrétienne de France, qui met en garde contre cet ouvrage en disant : "L'AJCF ne soutient en aucune manière le livre et les conférences de M. Setbon".

Mais au même endroit vous aurez la possibilité de lire la lettre envoyée à l'AJCF par Bernard Fauvarque, jésuite, auteur du livre : "Le salut vient des juifs", parole d'évangile", après avoir entendu une conférence de Jean-Marie Setbon à La Passerelle (lieu de rencontres oecuméniques) de Lille.

N'hésitez pas à la lire ici, sur le site de l'AJC

En voici la conclusion :

"Setbon fut un rabbin ultra-orthodoxe, il est "converti" sans doute, avec une expérience hors du commun mais converti à un christianisme qui n'a pas intégré l'enseignement du Concile Vatican II, et particulièrement Nostra Aetate, ce qui est grave, avec son enthousiasme éclaboussant, ses certitudes absolues qui estompent tout dialogue possible avec l'autre d'une autre religion, à commencer par le juif. Pour ce catholique-là, le Concile Vatican II n'a aucun intérêt (puisqu'il prône le dialogue, contredisant en cela Vatican I), de même que l'oecuménisme (il l'affirme chez ses hôtes de la Passerelle qui pratiquent l'accueil oecuménique !)

Le problème, c'est qu'à notre époque où les églises se vident et où la foi est en veilleuse, un certain  nombre de catholiques sont contents d'entendre un converti qui clame haut et fort sa foi et remue les foules qui viennent l'écouter. S'il n'y avait que le livre, ce serait un moindre mal, mais il y a le discours beaucoup plus vigoureux et percutant, un discours qui grossit considérablement les dérapages du livre et peut influencer négativement un public non sensibilisé."

 

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 17:27

Quel sujet ! direz-vous. Beau sujet en tout cas... qui sera comme le fil rouge de notre année à l'AJC Nantes.

Jean-Claude Grumberg, qui vient d'écrire un petit ouvrage à l'humour grinçant, intitulé "Pour en finir avec la question juive", rapporte qu'un "professeur émérite d'Harvard a répertorié à ce jour 8612 façons de se dire juif. Ne se reconnaissant dans aucune, il a déclaré à la presse qu'il poursuivait ses recherches". 

Alors cette année, essayons de comprendre ce que c'est qu'être juif (sans vouloir, bien sûr, analyser les 8612 ou 13 façons de se dire juif !)

C'est Madame Ida Simon-Barouh de Rennes, ethno-sociologue, qui nous introduira dans le

"Panorama de l'identité juive"

dans une conférence

qui sera donnée au CCAN (Centre Culturel André Néher),

6 impasse Copernic à Nantes

dimanche 15 décembre 2013 à 15 h

parking possible sur le Bd Guist'hau (gratuit le dimanche)

plus de renseignements sur l'affiche en pièce jointe.

Pour nous introduire à la conférence, nous pouvons déjà lire ce que déclarait Madame Simon-Barouh au quotridien Ouest-France, le 23 décembre 2009, à l'occasion de la sortie de son livre : "Juifs à Rennes". 

"Tant de manières d'être juif

Le livre déconstruit, en quelque sorte, l'image globale du Juif. Il n'y a pas un Juif ou les Juifs. Il y a des Juifs et beaucoup de manières de l'être. Non, être juif ce n'est pas nécessairement pratiquer une religion. La Gestapo quand elle arrêtait, elle ne demandait pas aux gens s'ils étaient croyants ! Etre juif, c'est éventuellement croire et être religieux mais les Juifs forment également un peuple. Être juif, c'est une appartenance ethnique. Il n'y a pas de race. Je n'aime pas non plus le mot communauté. Il y a des Juifs communautaires, par exemple, ceux et celles qui fréquentent le centre culturel Edmond J. Safra.

Ceux qui vont soit à la synagogue soit écouter des conférences. Il y a beaucoup de définitions possibles du Juif. Les Juifs religieux vous diront que l'on est juif que par sa mère. Quelqu'un qui est juif par son père mais qui revendique la judéité, à mon sens, il est Juif."

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 16:21

L'AJCF a constitué tout un dossier sur le Mémorial Lustiger qui a été  inauguré le mercredi 23 octobre 2013, dans les jardins du monastère de l'abbaye bénédictine d'Abu Gosh, terre française dans un village arabe musulman en Israël, près de Jérusalem : tout un symbole !

Il faut noter que l'initiative de ce projet revient à Richard Prasquier, président d'honneur du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). 

Vous êtes invités à consulter ce dossier - très riche - avec présentation, revue de presse, photos, vidéos, discours, comptes-rendus et impressions de Bruno Charmet et Roger Assouline. 

dossier Mémorial Lustiger 

Vous ne manquerez pas de lire, parmi d'autres très intéressants, le discours de Richard Prasquier, tout empreint d'émotion, d'estime, d'amitié. (discours que vous pouvez écouter en 2 parties au bas de cette page).

Cette inauguration constituait comme le sommet d'un voyage d'une semaine "Aux sources de la Promesse" réunissant 150 personnes concernées par le dialogue judéo-chrétien, voyage organisé par l'archevêché de Paris autour de Mgr Vingt-Trois.

Un autre aspect de ce voyage, passé presque inaperçu, mais  sans doute aussi important pour le dialogue judéo-chrétien : le 24 octobre, deux cardinaux français, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, ont bénéficié d'une audience privée au grand rabbinat d'Israël, où ils ont été reçus, pendant une heure,  par les deux nouveaux grands rabbins, le rabbin ashkénaze David Lau et le rabbin sépharade Yitzhak Yossef.

Le Père Patrick Desbois, qui avait beaucoup oeuvré pour que cette rencontre fût possible, pouvait dire : "C'est la première fois que des cardinaux français sont reçus en Israël par des autorités juives de ce rang, et c'est très encourageant, car ce sont des références internationales qui montrent aux autres rabbins du monde qu'ils peuvent faire de même".

Et Mgr Jérome Beau, évêque auxiliaire de Paris, chargé du dialogue avec le judaïsme pour le diocèse de Paris ajoutait : "Il y a eu un long échange de fond sur l'Ecriture. Les grands rabbins nous reconnaissent comme héritiers du don de la Thora, comme eux, et non dans un rapport de juifs à non-juifs" (propos recueillis par Céline Hoyeau à Jérusalem pour le journal La Croix).

Le GR sépharade Yitzhak Yossef (qui porte le pendentif où sont gravés les 10 Paroles) et le GR ashkénaze David LAU (entre les deux, le rabbin David Rosen membre du Congré juif mondial).

Le GR sépharade Yitzhak Yossef (qui porte le pendentif où sont gravés les 10 Paroles) et le GR ashkénaze David LAU (entre les deux, le rabbin David Rosen membre du Congré juif mondial).

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 16:49

vendredi 29 novembre

de 7h00 à 23h00

 

La radio chrétienne de Loire Atlantique

fait son radio don 2013

 

Fidélité

"Une voix chrétienne dans le monde d'aujourd'hui" 

pratique l'ouverture depuis de nombreuses années

C'est ainsi que

"Juifs & Chrétiens en dialogue"

diffuse une émission hebdomadaire

sur les ondes de Fidélité

depuis plus de sept ans

 

Nous tenons à vous sensibiliser aux besoins financiers

de cette radio

Vous pouvez faire une promesse de don

en appelant le 09 50 788 228

 

 

 

 

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 17:05

C'est la fête de la dédicace du Temple (le nom de 'Hanoucca signifie "inauguration") : communément appelée "fête des lumières", cette fête est célébrée

cette année du 28 novembre au 5 décembre

en souvenir de la consécration par Judas Maccabée, en 165 avant notre ère, de l'autel du Temple de Jérusalem remplaçant celui qui avait été profané par les païens d'Antiochus Epiphane (1 Maccabées 4,51-59 ; 2 Maccabées 10,1-8). Il fallait rallumer le candélabre à 7 branches (ménorah) avec une huile spéciale fabriquée par les prêtres pendant 7 jours. Mais on ne trouva dans le Temple qu'une fiole d'huile capable de brûler pendant un jour seulement. Par miracle, elle dura 7 jours, le temps de préparation d'une nouvelle huile. C'est pour rappeler ce miracle que les Juifs allument leur 'hanoukiah - petit candélabre à 8 branches  (une 9ème bougie sert à allumer les huit autres) - chaque jour une lumière de plus jusqu'à ce que brillent toutes les lumières.

Après les Bénédictions, tous chantent en choeur le populaire cantique de Maoz Tsour, écrit au XIIIème siècle, dans lesquels sont évoquées les persécutions et les délivrances d'Israël, depuis l'esclavage en Egypte jusqu'à la venue du Messie. (voir la vidéo et la traduction au bas de cet article).

'Hanoucca est une fête joyeuse au cours de laquelle des activités ludiques sont organisées pour les enfants (jeu de la toupie, par exemple). Une coutume veut que l'on mange des beignets sucrés ou salés,  peut-être en lien avec la fiole d'huile..?

En dehors d'Israël, 'Hanoucca est un peu devenu une sorte de substitut à la fête de Noël et une habitude relativement récente veut d'ailleurs que l'on distribue des cadeaux aux enfants le premier jour de la fête.

Pour entrer plus avant dans la signification de cette fête pour aujourd'hui, lisons quelques lignes empruntées au Rav Adin Steinsallz, dans son livre : "Introduction à l'esprit des fêtes juives" (Albin Michel) :

'Hanoucca ou la mémoire d'une identité 

A 'Hanoucca, nous fêtons la victoire des Hasmonéens sur les Grecs et sur l'hellénisation qui avait gagné les rangs d'Israël. Chaque année, nous nous rappelons notre devoir de continuer notre combat afin de défendre notre unicité. Aujourd'hui comme alors, le même danger d'assimilation nous menace en permanence. 'Hanoucca symbolise le heurt entre le peuple juif à la nuque raide , intransigeant, et le monde laxiste et permissif.

L'univers helléniste ressemble étonamment à notre monde d'aujourdhui. Aucun des deux ne prétend détenir des valeurs de la plus grande importance; aussi bien les conflits de valeurs, même contradictoires, sont-ils quasi inexistants. L'esthétique et la vérité, la science et la Torah, l'avancement de la technologie et le gel des progrès ne sont pas vraiment en conflit : mener ce genre de guerre serait bien plus facile que conduire celle qui devrait être la nôtre.

La plupart des gens, de nos jours, ressemblent aux hellénisants d'alors : ils ont adopté la culture mondiale environnante, non pas parce qu'ils y croient ou qu'ils y reconnaissent une quelconque vérité philosophique : loin d'être un choix conscient, il s'agit plutôt d'un mimétisme, où l'on suit les normes admises par le grand nombre. Certains acceptent le principe d'un monde flexible. D'autres observent le comportement de la société et en subissent l'influence ; en fin de compte, même les plus croyants finissent par adhérer à un monde qui s'accommode de toutes les idéologies. Et, petit à petit, ils se laissent convaincre  de la validité de cette nouvelle règle universelle : "Tout comme je respecte ta voie, honore la mienne, toi aussi."

En résumé, le monde qui nous entoure aujourd'hui se caractérise de la manière suivante : tout y est sujet à négociation; sur chaque problème on peut trouver un compromis, car aucune des valeurs n'est ni absolue ni vraiment sérieuse. Toutes sont plus ou moins équivalentes et partagent un dénominateur commun : au-delà d'une certaine ligne, il n'y a plus lieu de se battre en leur faveur. Face à une telle approche, la fête de 'Hanoucca prend comme hypothèse l'existence d'un être juif dont l'essence ne peut souffrir le moindre compromis ; plus encore, une telle essence est profondément ancrée en chacun.

Lorsqu'à 'Hanoucca, nous célébrons le triomphe du judaïsme sur l'hellénisme, nous consacrons, au même moment, le zèle intransigeant de ses héros à l'égard de leur foi juive. Bien que la "fête des lumières" soit perçue par le grand public comme conviviale - comprenant peu d'exigences, elle est comblée de plaisir et d'agréments - personne ne peut nier son caractère quasi fanatique et religieux.

Cette victoire est à l'origine directe de la pérennité du judaïsme. [...)  L'enjeu de la guerre n'était autre que notre authenticité juive et, ô grand miracle, cet enjeu nous est favorable jusqu'à aujourdhui. [...)

Notre peuple a beau avoir un territoire et un drapeau, s'il devait, par malheur, se déposséder de son caractère unique et profond, ce serait comme s'il perdait tout. A 'Hanoucca, aujourd'hui comme à l'époque, nous luttons non pas pour notre indépendance mais pour notre identité. Il y a plus de deux mille ans, nous avons remporté une victoire militaire dont la conséquence dépasse notre simple survie ou la perpétuation de notre peuple : il s'agit en vérité de l'essence même de notre judaïsme, dans sa globalité, qui poursuit sa marche dans le monde."

Adin Steinsaltz - Introduction à l'esprit des fêtes juives  - Albin Michel - pp. 122-125

Joyeuses fêtes de 'Hanoucca à tous nos amis

Traduction du 1er couplet de Maoz Tzour :

Puissante citadelle de mon salut,
Te louer est un délice.

Restaure la Maison de ma prière
et là, nous apporterons le sacrifice d'action de grâce.

A l'époque où Tu prépares l'écrasement
de l'ennemi qui blasphème

Alors j'achèverai par un chant de louange,
l'inauguration de l'Autel.

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 15:18

Hier, 18 novembre 2013, à Vienne (Autriche), le Cardinal Jean-Louis Tauran, Président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, est intervenu à la session d'ouverture de la conférence du Centre international Roi Abdallah Ben Abdelaziz pour le dialogue inter-religieux, dont le Saint-Siège est co-fondateur et observateur, même si le financement par l'Arabie séoudite avait fait controverse en 2011-2012. Le but de la conférence est de sensibiliser la jeunesse afin qu'elle ait une image objective, honnête et constructive de l'autre. Dans ce but, trois sujets étant abordés durant ces trois années, l'accent est mis en 2013 sur l'éducation. Ceci explique la présence à Vienne des ministres de l'éducation de nombreux pays.

Le dialogue inter-religieux, a dit le représentant du Saint-Siège, "rend attentif à ne pas donner des autres religions une vision négative, que ce soit dans le monde enseignant, dans les media ou dans le discours religieux. Il nous enseigne à ne pas relativiser les convictions religieuses différentes des nôtres, qui plus est en leur absence, mais également à prendre en compte tous les aspects de cette variété, ethniques ou culturels, les différents points de vue, de ne pas envisager cette richesse comme une menace". Ce dialogue nous conduit "à mieux écouter l'autre, à mieux le connaître, à réfléchir avant tout jugement, de présenter notre foi et nos raisonnements avec respect et simplicité. Tout ceci permet aussi de rendre à Dieu ce qu'il mérite, en contribuant à inspirer la fraternité, à proposer la sagesse et à offrir le courage d'agir... La personne est au centre de notre préoccupation, l'objet de l'attention des leader politiques comme religieux... Nous appartenons tous à la famille humaine dont nous partageons la dignité, les problèmes et les droits, appelés ensemble à accomplir un même devoir". Un des buts du Centre, a conclu le Cardinal "est de promouvoir l'intelligence du coeur, le respect de tout ce que Dieu accomplit en chacun de nous, le respect donc du mystère que chaque homme représente. C'est pourquoi les religions ne doivent pas générer des attitudes de supériorité ou d'exclusion... Mieux se connaître permet de partager capacités et perspectives, de rendre ce monde plus lumineux et plus sûr, d'y vivre dans la fraternité".

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 09:52

Cette semaine, vous pouvez écouter sur Fidélité, l'interwiew par Maddy Verdon, des interprètes de la pièce "Le souffle d'Etty" : Annick Galichet et Mary Vienot.

Cette pièce est basée sur les écrits d'Etty Hillesum, jeune fille juive hollandaise, assassinée par les nazis en novembre 1943, à Auschwitz.

Le journal intime d'Etty rapporte son cheminement intérieur, qui lui fait découvrir Dieu en regardant en profondeur à l'intérieur d'elle-même. . "Un puits profond est en moi, écrit-elle, et Dieu est dans ce puits. Parfois j'arrive à le rejoindre, le plus souvent la pierre et le sable le recouvrent. Alors Dieu est enterré. Il faut à nouveau le déterrer .. »(Journal, 97) ..

Vous êtes aussi invités à assister à

cette pièce à  ANGERS les 22 et 23 novembre

et à la conférence du 23 novembre.

Tous les renseignements dans le fichier joint.

Et si vous ratez ANGERS, vous pourrez vous rattraper à

LA ROCHELLE, les 29 et 30 novembre

Voir les détails dans le fichier joint

 

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 16:24

N'oubliez pas d'aller voir de temps en temps le programme des activités de notre groupe. Il se situe dans la colonne de droite du blog, sous la rubrique Pages / Programme AJC Nantes  2013-2014 (1er trimestre).

Vous y noterez pour la semaine qui vient:

Dimanche 17 novembre 2013 à 15 h 00

Salle "Abbé Grégoire" - 2bis rue Georges Clémenceau - 44000 NANTES

(Dans la cour de la librairie Siloé, face au lycée Clémenceau)

parking intérieur

la conférence de

Monsieur Sébastien ALIX

sur le thème

"Les Juifs du Pape"

(dans le Comtat Venaissin et Avignon jusqu'à la révolution française)

Conférence sur "Les Juifs du Pape"

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 12:10

"Dans ce livre, je vais vous raconter... l'histoire d'une époque où Juifs et chrétiens étaient beaucoup plus mélangés les uns avec les autres qu'ils ne le sont aujourd'hui. Une époque où il y avait beaucoup de Juifs qui croyaient en quelque chose de très similaire au Père et au Fils et même en quelque chose de très similaire à l'incarnatioin du Fils dans le Messie. Une époque où des disciples de Jésus mangeaient casher comme les Juifs, et en conséquence une époque où la question de la différence entre judaïsme et christianisme n'existait tout simplement pas comme aujourd'hui..."

Ce passage est extrait du livre de Daniel Boyarin : "Le Christ juif", page 13 et quatrième de couverture.

Daniel BOYARIN "Le Christ Juif - A la recherche des origines" Cerf - septembre 2013, 190 pages, 19 €. Traduit de l'anglais (américain) par Marc RASTOIN avec la collaboration de Cécile RASTOIN - Préface du Cardinal Philippe BARBARIN

 

Daniel BOYARIN est historien, exégète et rabbin américain, professeur de nombreuses universités, spécialiste des premiers siècles de notre ère, des écrits juifs, bien sûr, mais aussi des écrits chrétiens et "hérétiques".  Il participe à toute la recherche sur les origines du christianisme en tant que religion distincte du judaïsme, origines qui font actuellement l'objet d'une perception renouvelée, tant du côté des chercheurs juifs que chrétiens, autour de la question : Quand l'Eglise et la Synagogue se sont-elles distinguées ?

Pour vous présenter cet ouvrage, nous vous proposons le témoignage de Michel Bonemaison de la Société des Missions Africaines, que nous remercions de nous autoriser à reprendre son texte. Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls à apprécier son témoignage, puisque nous le retrouvons également sur le site du CRIF.

"Voici un ouvrage que je classerais volontiers au registre des œuvres servant magistralement le dialogue entre Juifs et Chrétiens. Je préfère écrire ces quelques lignes en guise de témoignage plutôt que de prétendre à une recension, me situant davantage au niveau de l’affectif plus qu’à celui de l’analyse scientifique.

Tout au long de son étude l’auteur, rabbin américain, marque un très grand respect pour le mouvement chrétien né au sein du judaïsme ; s’il s’insurge souvent contre des propositions réductrices, il est honnête quant à sa vision sur la personne de Jésus : « Que l’on me permette d’être ici très clair : je ne nie aucunement la validité de la conception chrétienne de la question. Il s’agit certainement d’une matière de foi et non de recherche. Je la nie comme une explication historique, scientifique et critique. » Page 185 note 1.

Son projet est de reconnaître les caractéristiques d’un Messie annoncé au sein des Écritures : celui qui a reçu l’onction et que l’on nomme Christ. Pour ce faire, en quatre petits chapitres, il repère les traits communs à ce Christ annoncé et attendu et à ce Jésus qui, né dans ce contexte d’attente messianique, va être suivi par nombre de Juifs ses contemporains [et bien au-delà dans le temps et l’espace][1] .

« Le Fils de l’homme » est une expression créée par Daniel en son chapitre 7 qui déjà 150 ans avant notre ère imagine un envoyé de Dieu venu de Dieu chez les hommes. Il est une « théophanie » manifestation de Dieu dans l’humanité alors que pour d’autres cet envoyé serait seulement un homme adopté par Dieu dans une « apothéose » [semblable à celle d’Elie ?]. Par sa théophanie Daniel rejoint en fait d’autres courants religieux bien concrets hors du judaïsme. Ce Messie est : roi humain, Rédempteur divin, en Jésus il est même maître du sabbat ; conceptions qui deviennent viables au sein du judaïsme. Et déjà apparaît la conception d’un Dieu à la fois Père et Fils.

Deux livres [accessibles dans la collection Bibliothèque de La Pléiade. La Bible. Écrits Intertestamentaires. Gallimard 1988] légèrement plus proches de nous au 1er siècle de notre ère, 1er Livre d’Hénoch et 4ème livre d’Esdras corroborent la christologie de Daniel. ((Vous pouvez actuellement trouver le 4° livre d'Esdras dans la Traduction Oecuménique de la Bible TOB, édition 2010 : note du blogmestre)). L’auteur s’appuie aussi sur un ouvrage à la source de nos évangiles appelé Marc, [Marc intermédiaire selon le Père Boismard, lui aussi chercheur des origines des écrits].

Une autre référence de la plus grande importance dans la vie d’un Juif, celle de la nourriture, c’est avec le chapitre 7 de l’évangile de Marc que D. BOYARIN s’applique à montrer un Jésus en totale conformité avec les coutumes religieuses de son milieu y compris la « cacherout » ; oui Jésus mangeait « casher » mais il manifestait son refus de lois tatillonnes apportant la confusion, sans cesse mises en avant par un mouvement pharisien obnubilé par le pur et l’impur !

Pour finir, une autre notion commune au Judaïsme et au Christianisme, la figure d’un « Christ Souffrant ». D. BOYARIN propose un midrash [2] sur Daniel le mettant en lien avec les chapitres 8 et 9 de l’évangile de Marc à propos de l’humiliation du Fils de l’homme et de l’antériorité des Écritures à son sujet [à considérer comme annonces prophétiques]. L’une d’elle, majeure, est la référence au Serviteur Souffrant d’Isaïe.

Qu’en est-il alors de la divinité de Jésus de Nazareth ? Ce n’est pas le propos de notre auteur, il laisse aux chrétiens, dont je suis, de répondre au nom de leur foi. Aussi cet ouvrage me met en piste pour étudier une autre de ses œuvres parue en français, en juin 2011, relatant le parcours vécu par les chrétiens d’origine juive au sein du judaïsme, en toute harmonie, jusqu’à la rupture marquée par le Concile de Nicée ["La partition du judaïsme et du christianisme" Cerf. Patrimoine, judaïsme. 447 pages. 48€]."

Michel Bonemaison sma
21 octobre 2013.

 

[1] Ce que je mets entre crochets est ma propre appréciation au-delà de l’écriture de l’auteur.

[2]  À plusieurs reprises l’auteur invite ses lecteurs à lire les Évangiles comme des midrashim chrétiens, le midrash étant un genre littéraire propre au rabbinisme, ce en quoi il honore à nouveau la valeur des documents de la mouvance chrétienne.

Vous pouvez retrouver Michel Bonemaison, sur son blog à l'adresse suivante http://larbre-a-palabre-de-sabi-tosu.blogspot.com/

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 11:31

ARTE propose ce soir mardi 22/10 un documentaire intitulé :

Juifs et musulmans, si loin, si proches

le début d'une série qui comporte quatre épisodes,

2 ce soir à 22 h 35

et 2 la semaine prochaine mardi 29/10 à 23 h 15,

un voyage dans le temps en quatre parties, qui retrace quatorze siècles d'une riche histoire commune entre juifs et musulmans.

Voici la présentation que fait ARTE de ces deux premiers épisodes :

1ère partie : Les origines 610-721

Dès l'avènement de l'islam, le sort des musulmans et des juifs a été étroitement lié, mais un peu plus d'un siècle de conflit a suffi à occulter dans les mémoires treize siècles d'une histoire commune souvent pacifique et parfois harmonieuse.

Elle commence dans la péninsule arabique, où l'islam voit le jour au VIIe siècle, par la parole et l'enseignement de son fondateur, Mahomet. En un siècle, il conquiert un territoire s'étendant de la Perse à l'Espagne.

Quelle a été la place des millions de non-musulmans dans cet empire ? Pour les polyhtéistes, ce fut la conversion, pour les peuples du Livre, juifs et chrétiens, le statut de "dhimmi", qui les détermine inférieurs mais leur confère une protection et leur permet de pratiquer leur religion.

2ème partie : La place de l'autre : 721-1789

Sur le continent indo-européen et le pourtour de la Méditerranée, l'islam est religion officielle. Les juifs et les chrétiens constituent des minorités organisées autour d'une même idée : l'obtention du meilleur statut possible. Cela n'empêche pas les échanges culturels ni les épisodes plus tragiques comme la conversion forcée des juifs et des chrétiens andalous par les Almohades au XIIe siècle. Au XVe siècle, la Reconquista catholique ca sceller pour les juifs et les musulmans chassés d'Espagne un nouveau destin commun.

"Ce voyage dans le temps offre un recul précieux pour apréhender dans toute sa complexité l'actuel conflit israélo-arabe." (Marc Belpois - Télérama)

 

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Présentation

  • : Amitié Judéo Chrétienne de NANTES
  • : Association faisant partie de l'Amitié judéo-chrétienne de FRANCE
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