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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 09:44


Les violents affrontements entre musulmans et chrétiens la semaine dernière dans un quartier populaire du Caire ont fait douze morts et plus de deux cents blessés (bilan annoncé par la télévision d'Etat). Où l'on semble découvrir que le christianisme est de loin la religion la plus persécutée dans le monde ! On parle beaucoup de la disparition progressive des chrétiens au Proche et Moyen Orient depuis le synode des évêques d'Orient qui s'est tenu à Rome du 10 au 24 octobre 2010  et surtout depuis les attentats terroristes meurtriers perpétrés contre les églises à Bagdad et contre les coptes d'Egypte, en particulier depuis les émeutes de ces dernières semaines. Les journaux se penchent enfin sur un phénomène douloureux, comme si cela était un phénomène nouveau ! D.ieu sait que malheureusement ce n'est pas le cas.

 

Les évêques et patriarches le constataient au Synode : les chrétiens au Moyen Orient ne cessent de diminuer partout, et pour des raisons diverses. Partout au Moyen-Orient ? Est-ce si sûr ? Partout, à l’exception d’Israël, où le nombre de chrétiens n’a cessé de croître ces dernières décennies.

 

Il y avait un peu plus de 34000 chrétiens en Israël après la création de l’état en 1948. A l’époque, ces populations chrétiennes étaient  en grande majorité arabes avec une petite minorité de chrétiens d’origine arménienne. Elles  étaient concentrées à Jérusalem, Haïfa et dans la région de la Galilée, au nord du pays.

En 2011, la population chrétienne d’Israël (sans parler des Territoires de la Judée-Samarie) se situe sans doute autour de 153 000 personnes (même s'il n'est pas évident d'obtenir des statistiques fiables)...  Les chrétiens arabes restent majoritaires, mais depuis le début des années 90, une population chrétienne russophone importante est venue grossir le nombre des chrétiens, qui sont par ailleurs très divers  : orthodoxes russes, roumains, arméniens, catholiques latins, grecs catholiques, melkites, maronites, syriaques, anglicans, luthériens, etc..., comme peuvent le constater les nombreux pèlerins qui se rendent chaque année en Israël et en Palestine.

  Dome du Rocher au travers de la fenetre de Dominus Flevit 4

La liberté de culte, la liberté d’expression et de transmission existent pleinement en Israël.  On doit d'ailleurs en dire plus ou moins autant du Liban, de la Syrie et de la Jordanie, malheureusement victimes d'une certaine émigration, ce qui a amené le Synode d'Orient à insister sur l'importance de trouver les moyens de contrecarrer les mouvements migratoires.

Certes l'Etat d'Israël ou ses fonctionnaires sont parfois maladroits et cela peut causer quelques petits ennuis, comme le reconnaît bien volontiers dans son dernier ouvrage "Echos d'Israël" le Père Michel Remaud qui vit en Israël depuis bientôt trente ans. Mais c’est un pays où les chrétiens ne sont pas menacés ou discriminés en tant que chrétiens. "Non, affirme-t-il, il n'y a aucune restriction à la liberté de culte pour les chrétiens en Israël.  Il suffirait d'ailleurs de réfléchir quelques secondes pour comprendre que dans ce pays, où le tourisme religieux constitue une part importante du revenu national, l'Etat n'a aucun intérêt à étrangler les Eglises." (p. 73)  Et si les autorités israéliennes sont parfois irrespectueuses à l'égard des chrétiens,  la religion des intéressés en est rarement la raison. Le custode de Terre Sainte, le P. Pierbattista Pizzaballa (cité par Cathertine Dupeyron, dans son ouvrage : "Chrétiens en Terre Sainte : disparition ou mutation ?") le reconnaît lui-même :  "Les discriminations qui peuvent s'exercer à l'égard des chrétiens ne sont pas liées à des problèmes de conscience religieuse, mais au fait qu'ils sont arabes" (p. 176) et donc constituant un danger potentiel, sans aucune autre considération.

 

Les pères du synode se sont intéressés à l'avenir des chrétiens dans toute cette région et ont réfléchi en profondeur sur le sens de la présence  et de la vocation chrétienne au Moyen-Orient. Il faudrait aussi s'interroger sur le sens de la présence simultanée du peuple juif et de populations chrétiennes sur la terre d'Israël. La réflexion est en cours dans les milieux théologiques. Elle oblige en tout cas à repenser bien des vérités toutes faites et qui n'avaient pas été réexaminées depuis des siècles.

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 19:15

Se déroule actuellement à Rome un

Synode des évêques d'Orient,

convoqué par le Pape du 10 au 24 octobre

pour débattre des nombreux problèmes

auxquelles les diverses églises catholiques d'Orient

sont confrontées face à l'évolution profonde de cette région,

discuter de leurs relations avec  l'Islam, le Judaïsme,

les églises orthodoxes et évangéliques.

Il suffit de se rendre sur le site de "La Croix" (link)

pour appréhender quelque peu la vitalité

de ces églises mal connues.

 

A l'occasion de ce synode,

je me permets de soumettre aussi à votre réflexion

cet article de Jacques Julliard

dans Le Nouvel Observateur du 14 au 20/10,

que j'ai lu par l'intermédiaire de l'excellent site

"Garrigues et Sentiers" (link ).

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La chasse aux chrétiens 

Le christianisme est devenu, de loin, la religion la plus persécutée.
Mais l'Occident fait l'autruche

"Ce n'est rien. Rien que des chrétiens qu'on égorge. Des communautés religieuses que l'on persécute. Mais où cela ? - Un peu partout. En Inde, au Bangladesh, en Chine, au Vietnam, en Indonésie, en Corée du Nord. Là où ils sont minoritaires. Et surtout en pays musulman. Et pas seulement en Arabie Saoudite où le culte chrétien est puni de mort. Mais en Égypte, en Turquie, en Algérie. Dans le monde actuel, le christianisme est de loin la religion la plus persécutée.

Mais c'est au Proche-Orient, là même où le christianisme a pris naissance, que la situation est la plus grave. En Turquie, les communautés chrétiennes qui sont les plus anciennes, antérieures à l'islam, sont menacées de disparition. En Égypte (coptes), au Liban (maronites en particulier), elles se replient sur elles-mêmes ou émigrent en Occident. En Irak, la guerre a précipité les chrétiens dans le malheur. Près de 2 000 morts, des populations déplacées par centaines de mille, notamment vers le Kurdistan turc, plus accueillant. On ne compte plus, à travers le Proche-Orient, les communautés attaquées, les dignitaires religieux assassinés, les églises brûlées, les interdictions professionnelles, de droit ou de fait, dont sont victimes les chrétiens. Un génocide religieux à la petite semaine.

Ajoutez à cela que les divisions internes sont innombrables et donnent le vertige, rapportées à la faiblesse des effectifs. Sur environ 14 millions de chrétiens d'Orient, environ 5 millions sont catholiques. Les autres, orthodoxes, monophysites, nestoriens, portent la trace de l'immense débat christologique des IVe et Ve siècles de notre ère. Les nestoriens affirment la dualité des personnes dans le Christ : une personne divine, le logos, une personne humaine, Jésus.

En sens inverse, les monophysites affirment que l'humain et le divin constituent dans le Christ une seule nature. C'est le cas des coptes orthodoxes.

Pendant des siècles, les musulmans, venus ensuite mais devenus majoritaires, et les chrétiens ont fait bon ménage. Que se passe-t-il donc depuis cinquante ans ? D'abord, le réveil de l'islam sous une forme agressive et identitaire, comme si le Proche-Orient appartenait exclusivement aux musulmans. Ce sont les Frères musulmans qui mènent les attaques contre les coptes égyptiens : à Nag Hammadi, à 60 kilomètres de Louxor, en Haute-Égypte, une voiture a mitraillé les fidèles qui sortaient de la messe de Noël (6 janvier 2010). Bilan : sept morts.

Par un paradoxe qui n'est qu'apparent, la démocratisation des régimes renforce l'intolérance et l'exclusivisme musulmans : les chrétiens d'Irak étaient moins menacés sous la dictature de Saddam Hussein qu'ils ne le sont aujourd'hui. Les despotes étaient le plus souvent héritiers du pluralisme traditionnel. Dans la quasi totalité de ces pays, l'islam est désormais la religion d'État. Et le djihad anti-occidental ainsi que l'agression américaine en Irak ont transformé les chrétiens en représentants de l'Occident maudit.

C'est à la lumière d'une disparition prévisible à court terme, si rien n'est fait, que le pape a convoqué un synode des évêques d'Orient (10 au 24 octobre 2010) pour tenter d'attirer l'attention sur ces persécutions et de passer un nouveau pacte pacifique avec les populations musulmanes.

Pendant ce temps, l'Occident fait l'autruche. Pour ma part, ayant passé la plus grande partie de ma vie militante à défendre des populations musulmanes (Tunisie, Algérie, Bosnie, Darfour), j'ai pu constater que, chaque fois qu'il fallait le faire pour des chrétiens (Liban, Sud-Soudan), on voyait, à quelques exceptions près (Bernard-Henri Lévy, Bernard Kouchner), les professionnels des droits de l'homme se défiler.

Une sorte de Yalta culturel d'un type nouveau est en train de s'instaurer de fait : en Orient, le monopole d'une religion unique de plus en plus intolérante, l'islam. En Occident, le pluralisme, la tolérance et la laïcité. Ce Yalta est, comme l'autre, générateur de guerre froide, pour ne pas dire davantage. Il faut donc, sans arrière-pensée ni faiblesse complaisante, défendre le droit des chrétiens d'Orient à l'existence."

Jacques Julliard

in Le Nouvel Observateur du 14 au 20/10/2010

relayé par le site Garrigues et Sentiers


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